PINOCCHIO

De Moustafa Benaïbout

d’après l’œuvre de Carlo Collodi

 

Avec : Jessica Dalle, Matthieu Dessertine, Maëlia Gentil, Marion Jeanson, Basile Lacoeuilhe, Marion Lambert, Marion Noone, Edith Proust et Mathurin Voltz

 

Dans un futur proche au sein d’une société en déclin, Pinocchio est le premier être artificiel doué d’intelligence. Il devient alors l’attraction principale d’un monde dont le transhumanisme est de mise. En pleine gloire, Pinocchio est tiraillé entre le désir d’obéir à Gepetto, son donneur de vie et les délices qu’offre la vie sans limites. Il se construit peu à peu une image. Avant de se rendre compte que cette dernière est irréversible. Tour à tour femme, transgenre ou patriarche, au grès des moeurs en constante révolution, voici l’histoire de Pinocchio, le premier humain non binaire.

NOTE DE L’AUTEUR – METTEUR EN SCÈNE

Qu’advient-il de l’âme d’une machine ?

Alors que je regardais un film pour enfant, mettant en scène les aventures d’un scientifique, qui attristé par la mort de son robot assistante – il l’avait féminisée -, se demandait ce qu’il advenait de l’âme d’une machine, un vertige se produisit en moi. Et une multitude de questions commencèrent à m’habiter, jusqu’à aujourd’hui. À partir du moment où la machine exprime par des sentiments, l’expression d’une conscience, n’est-elle pas l’égal de l’homme ? Et dans un monde où les différences altèrent nos droits, quelle place aurait un pantin, tout conscient qu’il soit.

Pinocchio se confronte ainsi dans mon adaptation, au monde que nous connaissons, avec ses paradoxes. Au départ vierge de toute identité, on chérit le pantin pour qu’il devienne femme dans un cabaret puis on le maltraite pour ces mêmes raisons. Il en résulte alors le voyage d’un pantin immigré qui, à force de ne pas trouver sa place, se retrouve à dériver, le corps fatigué, sur un radeau – avant de se faire avaler par une grande benne bleue aux allures de baleine – en se demandant, que faut-il que je sois pour que l’on m’aime ? 

Ces grandes questions identitaires sont chères à la bande dessinée et le contexte des œuvres, souvent un monde post-apocalyptique en pleine désuétude, renforce la dimension sociale. Mon Pinocchio est une épopée musicale, empruntant à la pop culture orientale, et ses sources ancestrales. En soulevant les différentes questions de genre et l’angoisse du monde sur sa propre extinction, j’aimerais raconter à travers cette œuvre, l’histoire d’un robot qui voulait être autre chose, que ce qu’on veuille bien qu’il soit.

CRÉATION 2020