LA VIE DE GALILÉE

De Bertolt Brecht

 

Mis en scène par

Matthieu Dessertine

 

Avec : Anthony Boullonnois, Moûstafa Benaïbout, Jessica Dalle, Louis Duneton, Florent Hu, Maëlia Gentil, Basile Lacoeuilhe, Marion Noone, Edith Proust et Mathurin Voltz

 

 

Bertolt Brecht est sans conteste un des plus grands auteurs dramatiques du XXe siècle. Son oeuvre n’est pas seulement celle d’un dramaturge mais aussi celle d’un théoricien du théâtre, d’un critique des modèles de théâtre de son temps, d’un poète, d’un penseur politique et engagé. Son travail est en prise directe avec les évènements dramatiques de son époque, en particulier évidemment la montée du parti national socialiste en Allemagne, la seconde guerre mondiale et ses répercussions humaines, morales, politiques, historiques. Ses pièces de théâtre sont souvent des métaphores plus ou moins évidentes de faits réels : La bonne âme de Se-Tchouan, Mère courage, Le cercle de craie Caucasien ou encore La vie de Galilée. 

La figure de Galilée traite ainsi des rapports entre science et pouvoir. En l’occurrence le pouvoir théocratique du XVIe siècle en occident. Mais également du rapport entre la science et l’influence que ces nouvelles découvertes auront pour l’humanité. Et Brecht fait là un parallèle avec son époque, parallèle qui court jusqu’a la notre. Depuis l’avènement de la bombe nucléaire et les questionnements actuels autour du transhumanisme, les problématiques entre science et «survie» de l’humanité sont aux premières loges. Que faire des avancées scientifiques et technologiques de demain ? A qui les confier ? Comment faire pour que ces nouvelles possibilités soient utilisées à bon escient ? Qu’est ce qu’une bonne manière d’envisager «le progrès» scientifique ? 

La pièce de Brecht traite des trente dernières années de la vie de Galilée. Les plus fructueuses, les plus complexes aussi. De son perfectionnement du télescope au développement des théories coperniciennes. C’est à dire d’une période de l’histoire humaine où celui ci va devoir se poser la question de son centre et de son unité. Probablement un des plus grands changements de paradigme de l’histoire occidentale : le passage du géocentrisme à l’héliocentrisme. Des répercussions dans tous les domaines : théologique évidemment mais aussi philosophique, moral, mathématique…

 

Galilée a bouleversé l’histoire humaine.

 

Et cet homme était un personnage très étonnant. Loin de l’idée générale du chercheur reclus et solitaire, il fut un «bon vivant». Amateur de vin, de chair, orateur prolixe et irrévérencieux, insolent, orgueilleux, généreux, amical ; hors normes. Il n’hésita pas à s’attaquer à l’Eglise alors même que celle ci était sur la défensive (contre réforme). Il l’attaqua même sur la lecture et l’interprétation des textes. Et c’est d’ailleurs cette insolence qui le sauva parfois…

CRÉATION 2020