EN ATTENTE DE LA MAGIE

THÉÂTRE SCIENCE-FICTION

CRÉATION DU COLLECTIF PAMPA

MISE EN SCÈNE DE YOHAN LOPEZ


Un projet naît d’un sentiment actuel qui rencontre un élément déclencheur. L’élément déclencheur de ce projet est ma lecture du livre Avec Giacometti de Yanaira Isaku, philosophe japonais qui posa pour Alberto Giacometti. Dans l’une des retranscriptions de leurs entretiens, Giacometti, Jean Genet, et lui-même se rejoignent pour dire que notre société n’a plus de rapport au surnaturel qu’à travers notre rapport à la mort, et que cela est un problème.

 

Mon sentiment actuel rejoint le leur, celui de ressentir profondément que notre société est dépossédée de ses liens avec l’invisible, l’intangible, le mystère, la magie du monde, l’aura, que chaque existence sensible a pourtant intrinsèquement. A travers un enchaînement de tableaux mettant en rapport ce défaut de lien avec la magie dont nous souffrons et la parole de ceux qui cherchent le chemin pour nous y ramener, nous chercherons à faire ensemble une expérience pour tenter d’en éprouver la présence. Il nous est impossible de donner à voir l’invisible, car son empreinte est partout et nulle part. Nous pouvons, au mieux, en parler, mais pour en faire l’expérience commune, hors d’un dogme religieux (ou il prendrait le nom de spiritualité), le passage par la scène se révèle être le moyen le plus évident pour l’éprouver.

 

Une vie d’artiste va de paire avec une vie d’Homme. En tant qu’Homme vivant sur cette terre je ne peux que constater que le monde occidental est malade, il souffre de problème organique.

 

Dans « le bilan de l’intelligence » de Paul Valéry, conférence de 1935, Valéry s’inquiète d’un désordre dû au nouveau monde, le monde industriel, le monde du capital, qui se trouve autour de nous comme en nous mêmes, dans nos journées, dans nos plaisirs et jusque dans notre savoir. Valéry dit : « l’interruption, l’incohérence, la surprise sont des conditions ordinaires de notre vie. Elles même devenues de véritable besoins chez beaucoup d’individus dont l’esprit ne se nourrit plus, en quelque sorte, que de variations brusques et d’excitations toujours renouvelées (…) Nous ne supportons plus la durée. Nous ne savons plus féconder l’ennui. Notre nature a horreur du vide »